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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 21:35

Cher Dominique BAERT, Chère  Danielle  CUCHÈRE,

Chers Catherine OSSON et Henri  GADAUT,

Chers amis,

Cette  fois, si j’ose dire  … c’est la bonne  ! Après  une  première tentative … il y a trois ans … nous  voici réunis … à l’occasion de cette traditionnelle fête de la Rose.

C’est  un   beau   moment !  Pour   se  retrouver.  Se  parler.  Se  donner  de  l’énergie. L’énergie pour porter nos idées,  convaincre, avancer. Ces moments … militants … je les  apprécie tout  particulièrement et  depuis longtemps. Ils  sont  notre  force !  Ne l’oublions pas !

Venir  dans  le Nord, pour un  socialiste,  c’est un  peu  un  retour aux  sources … Dans cette terre  ouvrière, où l’on connaît si bien le prix du travail,  beaucoup a été fait pour le progrès social. Le Nord est une terre  de solidarité ; celle qui naît de l’épreuve. Une terre de fraternité ; celle qui naît des grandes réalisations collectives.

Une  terre   qui  a  donné  à  la  gauche  de  grandes  figures  :  Jules  GUESDE,  Roger SALENGRO,  dont  cette salle porte  le nom,  Léo LAGRANGE  et bien  sûr,  bien  sûr… Pierre MAUROY !

Occuper son bureau, à Matignon, est un honneur … un encouragement de tous les instants. Pierre  MAUROY, parce  qu’il a su prendre les bonnes décisions ; parce  qu’il a été un homme d’héritage et de modernité, est un exemple. Comme il a été et reste un exemple pour vous,  chers amis, chers militants du Nord, chers Martine FILLEUL, Patrick   KANNER,   Bernard   ROMAN   et   Yves   DURAND,   que   je   salue   très amicalement.

Merci, cher Dominique, pour ton invitation et pour tes mots. Merci à vous tous pour cet accueil chaleureux.

Si  nous  nous  retrouvons tous  ici,  si  nous  célébrons cette  camaraderie, c’est  que quelque chose  nous  prend aux  tripes  ; fait  notre  fierté  et  ne  fait  pour nous  aucun doute : nous  sommes des femmes et des hommes de gauche.

Je  n’ignore  rien  des  doutes  et des  interrogations,  des  inquiétudes et des  colères aussi.  Je veux y répondre. Mais je ne suis  pas là pour décerner je ne sais quel  bon point … pour dire qui est vraiment de gauche ou qui ne l’est pas … pour dire qui trahirait l’idéal ou qui en serait le gardien. Ces débats ne m’intéressent pas. Ce qui m’intéresse, ma responsabilité de Premier ministre, c’est de tirer la France vers le haut. Elle a tant de cartes en main. Cette région, à elle seule,  en témoigne.

Et parce  que  notre  monde  est  riche  d’opportunités  mais  aussi  traversé  par les menaces  … parce qu’il y a ces difficultés économiques et sociales … parce qu’il y a aussi cette interrogation  sur notre identité, sur ce qui  fait la France … je sais,  je suis convaincu, que la gauche a plus que jamais un rôle déterminant  à jouer.

Etre de gauche, vous  le  savez  mieux  que  personne, c’est  savoir  faire  des  choix difficiles. Ils sont parfois  le seul moyen de ne pas trahir nos convictions.

Ce  fut  le cas,  en  décembre, lors  des  Régionales. Il n’y  avait  pas  à hésiter  un  seul instant ! L’extrême droite, c’est la ruine  de la France. Ce sont des souffrances en plus, pour ceux qui souffrent déjà. Face à cela, nous choisirons toujours le camp de la République ! Soyons, soyez fiers de cela ! De cette réponse très claire – même  si elle a été  douloureuse, très  douloureuse : accepter de  n’avoir  aucun  conseiller régional pendant six ans – que vous avez apportée !

Etre de gauche, c’est ne rien céder  sur l’essentiel. C’est avoir aussi, chevillée  au corps, la passion de l’égalité, pour que chacun ait les mêmes chances  de réussir dans  la vie.

Alors,  nous  investissons à l’école,  dans  nos  universités, pour la  formation de  nos jeunes.  N’oublions jamais  que  nos prédécesseurs ont  voulu faire croire  aux  Français que nos écoles iraient   « mieux  » avec « moins  » – beaucoup moins  – de professeurs et de moyens pour l’éducation nationale.

Nous  investissons pour les territoires. Pour  qu’il n’y ait pas   d’un côté ceux qui ont tous les atouts –  transports, équipements, développement, santé, culture … – et de l’autre, ceux qui cumulent toutes les difficultés. Tu le sais bien, cher Dominique, qui suis de près  la réforme de la dotation globale  de fonctionnement ! Qui suis de près, aussi, la modernisation du centre  hospitalier – et l’Etat sera au rendez-vous.

Etre de gauche c’est  agir  pour la  solidarité. La  vie  est  dure pour nombre de  nos compatriotes, pour ceux qu’on appelle trop  rapidement « les petites gens ». Avec la prime d'activité, la hausse du RSA, des petites retraites, la généralisation du tiers- payant, la  retraite à  60 ans  pour ceux  qui  ont  commencé à  travailler tôt  … nous agissons pour notre  cohésion !

Etre de gauche, c’est  vouloir des  citoyens libres  de  leurs  choix,  de  ce en  quoi  ils croient ; c’est lutter contre les logiques d’enfermement, de ségrégation sociale ou territoriale ;  c’est  être     viscéralement  républicains  et  viscéralement  attachés  à  la laïcité,  à l’égalité entre  les femmes et les hommes. Nous  ne devons jamais  cesser  de les défendre !

Etre de gauche, c’est – et je veux insister devant vous sur ces deux  points – : tout  faire pour la sécurité. Et tout faire pour le travail  et l’emploi.

 

1.  Etre de gauche, c’est tout faire pour la sécurité des Français

 

Sur cette question de la sécurité,  la gauche  n’a pas toujours  eu les idées  claires … Elle      a      longtemps     privilégié      les      débats       sur      les causes       de      la délinquance … plutôt que d’apporter des solutions.

Cette  époque est derrière nous  ! Je me félicite d’avoir – avec d’autres élus de terrain, comme  toi cher Dominique –, affirmé  que la sécurité était un besoin  et une valeur. La sécurité est la première des libertés  ! Sans elle, les victimes,  ce sont  d’abord les  plus fragiles,  les « sans défense », les salariés  dans  les quartiers populaires, les femmes qui élèvent seules leurs enfants, les jeunes qui subissent le racket, les personnes âgées.

Se faire cambrioler, quand on a peu  – et que l’on a travaillé dur  pour l’avoir – est une blessure. Subir  la loi des  petits  trafiquants, rentrer chez  soi la peur  au ventre, vivre dans l’angoisse pour ses enfants, c’est insupportable. Chaque incivilité subie est une souffrance.

Je  n’ai  jamais  compris  ceux  qui  disent  qu’en  s’occupant  de  sécurité,  la  gauche s’écarte   de   ce   qu’elle   est.   Non !   Il  y   a   cette   attente   d’autorité,   d’autorité républicaine.  Nous  y  répondons.  Nous assumons nos responsabilités,  en  nous donnant tous les moyens.

En  cinq  ans,  nous  aurons créé  10 300  postes  supplémentaires de  policiers et  de gendarmes. Nous  aurons donné à nos  forces  de  l’ordre, à la Justice,  des  dispositifs pour  agir  plus  efficacement  comme  les  zones  de  sécurité  prioritaires.  Celle  de Roubaix-Tourcoing-Wattrelos, où je m’étais rendu comme ministre de l’Intérieur, apporte des résultats : 10 % de cambriolages en moins  en un an ! Plus d’une tonne  de cannabis saisie en 2015, contre 65 kilos en 2014 ! Ces résultats, c’est la réponse de la puissance publique. C’est la réponse du Gouvernement.

Alors,  quand  j’entends  cette  petite  musique qui  revient,  demandant  sans  cesse « moins  » de fonctionnaires, « moins  » d’agents publics, « moins  » d’Etat … Je dis : attention !

Bien sûr, il faut maîtriser la dépense publique. Nous  la diminuons ! L’efficacité, ce n’est pas dépenser toujours  plus ! Il s'agit de l'argent des Français, et nous  savons combien il est durement  gagné.  Mais nous  avons  besoin d’un Etat capable  d’agir. Pour protéger ! Soigner  ! Sauver des vies ! Pour défendre les plus fragiles  !

Le vrai débat entre la gauche  et la droite, il est là. Il faut le mener jusqu’au bout, projet contre projet. Ce sont deux visions différentes de la France.

Je refuse  que  dans  ce débat,  on  mette  en  cause  les fonctionnaires ! Bien sûr,  leurs missions doivent reposer sur  des  droits et des  devoirs. Nos  services  publics doivent se moderniser, se décentraliser, gagner en efficacité, mais je le dis : il est normal qu’ils soient  considérés, que  leur  travail  soit reconnu ! Nous  avons  décidé de réévaluer le point d’indice de 1,2% d’ici février 2017. C’est la première fois depuis 2010. Pour un infirmier avec  dix ans  d’ancienneté, c’est 280 euros  bruts  en plus  par  an. 230 euros pour un policier.  310 euros  pour un enseignant !

Certains   nous   accusent   d’électoralisme,   quel   mépris !   Renvoyons-leur   leurs contradictions. Ils disent  vouloir  un Etat fort, ils  proposent de supprimer  300 000 agents publics, mais un Etat sans forces vives,  qu'est-ce que c'est ?

Tout  faire  pour la  sécurité des  Français,  c’est  aussi  lutter sans  relâche  contre  le terrorisme  islamiste.  La  menace  est  là,  comme  jamais.  L’attentat  à  Abidjan  ou l’attaque à Ben Gardane, en Tunisie,  l’ont montré une  fois de  plus.  Tout  comme  la traque en Belgique, cette semaine, juste de l’autre côté de la frontière, qui a permis de capturer Salah ABDESLAM et ses complices. Et je veux saluer l’action des autorités belges, saluer  la parfaite coopération qui existe entre  nos services.  C’est cela l’Europe de la sécurité que nous  appelons de nos vœux  !

Avec  le Président  de la République, nous  savons  qu’il ne faut baisser  la garde à aucun   moment  !   Noublions   rien   des   attaques   de   janvier   et   de   novembre. L’exigence est la même.

Une  guerre nous  a été déclarée. Cette  guerre, nous  la menons, en Syrie, en Irak,  au Sahel, contre  les bastions de Daech et d’Al Qaida.

Nous menons le combat sur notre sol. Chaque jour, sous l’autorité du ministre de l’Intérieur  et  du  garde  des  Sceaux,  nos  services  de  renseignement,  la  Justice, remontent les filières, localisent les cellules,   interceptent les individus. Aujourd’hui, 2029 français  ou résidents français  sont impliqués dans  les filières djihadistes.

Nous  luttons aussi  contre  la radicalisation.  Des milliers  de jeunes  sont concernés – il faut  être lucide.  Nous  luttons contre  le djihadisme partout, dans  ces soi-disant lieux de  prière,   sur  Internet, où  il  étend sa  toile,  embrigade et  pousse des  Français   à retourner les armes  contre  leur  propre pays.  Nous  devons cette vérité  aux Français  : ce combat  sera  de longue haleine. C’est le plus  grand défi  de notre  époque. Le défi d’une génération. Le défi de la gauche aussi.

Jamais un gouvernement n’a autant fait pour protéger les Français !

 

2.  Etre de gauche, c’est tout faire pour l’emploi

Mes chers amis,

Nous  faisons  tout  pour protéger les  Français  … Et nous  faisons  tout  pour l’autre urgence : l’emploi.

Créer de  l’emploi,  c’était  d’abord  remettre  en  marche  une  économie qui,  quand nous sommes arrivés aux responsabilités, était à l’arrêt.

Nous  avons  agi sur le coût du travail,  avec le Pacte de responsabilité et de solidarité : 40 milliards d’euros de baisses des charges pour que nos entreprises retrouvent la compétitivité. Nous  avons  ciblé d’abord les PME et TPE, qui  en ont  le plus  besoin, avec une prime pour toute  embauche réalisée  en 2016.

Nous  avons  réarmé notre  industrie en  misant sur  l’innovation.  La France  est  une grande puissance industrielle. Elle doit le rester.  Nous  ne renoncerons pas à produire en France !

Nous  avons  aussi  voulu faire  bouger l’Europe.  La France  a été  entendue : l’euro  a baissé  – c’est bon  pour nos  entreprises – et le plan  JUNCKER  – 315 milliards pour doper l’investissement  – est mis en œuvre.

Nous   avons,  aussi,  incité  fiscalement les  entreprises à  investir dans  leur  outil  de production. Au début du mois, le feu vert a été donné pour 10 milliards d’euros d’investissements supplémentaires, dans  des secteurs d’avenir.

Nous  avons,  enfin,  baissé  l’impôt  sur  le revenu en  2014, en  2015, et à nouveau en 2016 !   En  tout :  12  millions  de  ménages  modestes  et  de  classe  moyenne  en bénéficient ! Les impôts ont trop  augmenté entre  2010 et 2014. Je ne veux  pas  que  la gauche soit synonyme d’augmentation des impôts.

Les résultats  sont là. La croissance  est revenue  : 1,1 % en 2015. Les prévisions sont de   1,5   %   pour   2016.   Les   investissements  des   entreprises   s’accélèrent.   Les exportations sont très dynamiques. La consommation des ménages est en nette progression.

Ces  chiffres  – ceux  de  l’INSEE  – sont  la preuve  d’une  France qui,  petit  à petit, retrouve le chemin  de la confiance, qui petit à petit se renforce. Pas d’une France qui s’affaiblit !

Bien  sûr, beaucoup de Français ne le perçoivent  pas encore  dans  leur quotidien. Bien sûr, on peut toujours et on doit toujours faire mieux... Pas d’autosatisfaction ! Mais  je mets  en  garde contre  cette  tentation  mortelle  de  tirer contre  son  propre camp. La situation est bien  trop grave. Nous  l’avons encore vu dimanche dernier : les  populismes rôdent,  progressent  à grande  vitesse dans  les  urnes.  Ils  parlent moins,  mais  ils  se font  toujours  entendre.  Nous  diviser,  fracturer la gauche,  c’est ouvrir un boulevard à l’extrême droite. Et c’est préparer le retour de la droite. Non plus la réforme, mais la rupture. A chacun d’en être bien conscient !

Aujourd’hui, nos entreprises créent, à nouveau, des emplois ... 80 000 en 2015. C’est encore  insuffisant, pour faire  entrer plus  de  monde, nos  jeunes,  sur  le marché du travail.   Si nous  ne  voulons pas  d'une reprise sans  emplois, ou  avec  des  emplois précaires, il faut aller plus loin. En réformant notre  marché du travail.

La gauche  – de la même  manière qu’elle a évolué sur la sécurité  – doit évoluer  sur le travail et la protection  des salariés. Car quelle est la situation ?

-      Un  chômage de  masse  depuis trente ans.  Entre  7 et  10% de  la  population active.

-    3,5 millions de personnes sans emploi.

-    Un jeune actif sur quatre de moins  de 25 ans est sans emploi.

-      Un marché du  travail  à deux  vitesses  où  certains, en CDI, sont  relativement protégés de l’incertitude économique, là où d’autres enchaînent les contrats précaires.  Ne   nous   y   trompons  pas :  les   rigidités  de   notre   marché  ne « protègent » pas. Elles excluent.

-      Le  temps où  l’on  passait toute   sa  carrière dans   une  même   entreprise est révolu ; les jeunes  aspirent à plus  d’autonomie, à des carrières moins  linéaires. De nouvelles formes de travail se développent, avec l’essor de l’économie collaborative.

La gauche  doit  donc  protéger,  mais  aussi  faciliter  la mobilité, la prise  de risque. Chacun doit bénéficier d’un même socle de protections, d'une même possibilité de construire sa vie. C’est cela qui se joue avec la loi Travail portée par Myriam EL KHOMRI.

En créant le compte personnel d’activité, elle protège chaque actif tout au long de sa carrière. Il pourra se former, qu’il soit salarié, indépendant, ou à la recherche d’un emploi.  En  dotant  tous  les  jeunes  d’un  capital  formation,  elle  leur  permettra d’apprendre  un  métier.  Ce  que  nous  créons,  ainsi,  c’est  un  droit  personnel  et universel à la formation.

Un droit  universel, aussi, à la « garantie jeunes ». Elle sera généralisée pour qu’aucun jeune  sans  diplôme ne soit laissé sur  le bord  de la route,  pour qu’il soit accompagné vers la formation et vers l’emploi.  C’est un très grand progrès social !

En  donnant  aux  employeurs  plus  de  visibilité,  cette  loi  lève  les  réticences  à l’embauche – à l’embauche en CDI. Certains disent que  nous  remettons en cause  le CDI, créons  de la précarité. C’est faux  ! Bien au contraire, cette  loi va augmenter le nombre d’embauches  en  CDI,  sans  bien  sûr  remettre en  cause  la  durée légale  du travail  ni la majoration des heures supplémentaires

Nous  donnons enfin  à nos  entreprises la souplesse dont  elles  ont  besoin  pour être plus  réactives, plus  compétitives, en faisant  confiance au dialogue entre  employeurs et employés dans  l’entreprise.  C’est bien  une  différence  de  philosophie quant à la place et à la nature du dialogue social.

Cessons  de  faire  croire  qu'on va  livrer  le salarié  au  bon  vouloir des  patrons ! Les syndicats réformistes démontrent qu’il  peut  y avoir  dans  notre  société  autre  chose que  des  rapports de force et des  blocages  ! Aucune naïveté vis-à-vis  du  patronat. Il faut  être  exigeant à son  égard. Nous  le sommes. Pas non  plus  d'esprit belliqueux à l'égard de ceux qui embauchent, créent  de la richesse  !

J'entends des interrogations :  pourquoi une réforme aussi difficile à un an de la prochaine  échéance  ?

Je  réponds  :  simplement parce  que  nous  sommes là  pour  faire  avec  audace  et justice  ce que  l’opposition – souvent prête à donner   des  leçons  – n'a jamais fait. Nous  sommes là pour changer les choses.

Et Pierre MAUROY le savait bien : la réforme ne se décrète pas. Elle se bâtit, dans le dialogue et l’écoute.

Lundi,      avec   Myriam   EL   KHOMRI,   avec   Emmanuel   MACRON,   avec   les partenaires sociaux, les organisations de jeunesse, nous avons donné un nouveau départ  au  projet  de  loi  Travail.  Sans  « édulcorer »,  « dénaturer »,  « renoncer », « reculer ». Nous  nous sommes donné  les moyens d’une grande réforme dont notre pays a besoin. D’une grande réforme pour l’intérêt général.

Chers amis,

Nous  sommes de  gauche et nous  sommes aux  responsabilités dans  un  moment de grande instabilité. Il  y  a  les crises,  migratoire et  écologique. Il y  a  ce  risque  de dislocation de l’Europe, d’un grand retour en arrière pour nos pays. Votre région frontalière – tellement européenne, qui porte  les stigmates du XXe siècle – le sait très bien : moins  d’Europe, c’est peser  moins  dans  le monde.

Nous  connaissons les critiques : il y a ceux  qui  disent « la gauche n'a  pas  été  élue pour baisser  les charges des entreprises » ; ceux qui disent que la gauche au pouvoir ne fait pas tout ce que notre  cœur  nous  dicte. Nous  n’opposons pas la raison  au cœur. La politique à la morale. Nous  faisons  simplement face à la réalité.

La  réalité,  à  Calais,  c’est  une  crise  migratoire  difficile.  Difficile  pour ceux  qui, déracinés, vivent   dans  des  camps   dans  l’espoir  de  traverser la  Manche ; difficile, aussi, pour les habitants. L’Etat, à Calais, apporte des solutions pragmatiques, sans fermer   les  yeux  sur  les  trafics,  sans  nier  les  difficultés, en  répartissant mieux  les réfugiés partout en France.  C’est comme  cela que  nous  avons  pu  évacuer une  partie de la Lande.

Cette  crise  touche  toute  l’Europe,  et  donc  tous  les  pays  européens  doivent  se mobiliser. Nous avons le devoir d’accueillir tous ceux qui fuient les guerres, les persécutions, la torture ; et la France  honore cette responsabilité. Mais il faut  le dire aussi : nous ne pourrons pas accueillir tous les migrants dans de bonnes conditions d’installation et d’insertion. Ce ne serait  pas  tenable sur  le long  terme.  C’est ce que j’ai dit à nos amis allemands, il y a quelques semaines à Munich.  Et je tiens  à saluer leur mobilisation et leur courage.

Mes chers amis, n'écoutez pas ceux qui disent que la gauche au pouvoir a perdu son âme  ! Refusez  la tentation – si répandue dans  notre  histoire – de se réfugier dans  le confort  de l'opposition.

Tous les jours, je le disais, je suis dans le bureau qu’occupait Pierre MAUROY, et je m’attelle à cette mission passionnante : conduire le Gouvernement de la France.

Puisque nous  sommes entre  nous,  permettez-moi cette confidence : je suis  heureux à Matignon. Grave,  car  le poids  du  monde autour de  nous  interdit toute  forme  de légèreté.  Mais   heureux de  servir   mon   pays,   de  savoir   que  nous   œuvrons  pour améliorer la vie des Français.

Je veux que la gauche réussisse. Je veux vous rendre fier de ce que nous  faisons.  Vous donner l’envie de gagner. De faire voter  pour. Et non  pas contre.  D’avoir le choix de voter  pour la  gauche, et  non  pas  d’avoir  comme  seule  alternative la  droite ou l’extrême droite.

Nous préparons mal la conquête du pouvoir. Confrontés à son exercice, nous ne l’expliquons pas.   Certains ensuite nous accusent de trahir C’est toujours la même rengaine. Alors expliquons ! Assumons !

Si l’idéal ne change pas, les solutions, elles, changent. Les manières de s’engager également. Alors, pour réussir, la gauche doit « évoluer », « se réinventer », « se dépasser » – peu  importent les termes ! Mais le cycle du  parti  d’Epinay est derrière nous.

Il faut bâtir cette grande alliance,  cette maison commune de tous les progressistes qui donne toute  sa force  à la gauche réformatrice. Et je sais  qu’ici,  dans  le Nord, vous avez aussi  cette ambition pour une gauche qui soit de nouveau fière, une gauche qui se  rassemble.  Les  deux  sont  liés  :  il  ne  peut  pas  y  avoir  de  fierté  sans  ce rassemblement. Sans unité.  Sans respect.

Je ressens, dans  cette salle, autour de toi, cher Dominique, cette envie  de bâtir. Toi, le député investi,  loyal,  sur  qui  j’ai toujours  pu  compter. Toi,  l’élu  qui  défends ton territoire, qui as su gagner la confiance des habitants de Wattrelos et du Nord. Toi le militant avec  un  sens  aigu  de  l’engagement et du  parti  – qui  ne te l’a pas  toujours rendu … mais les électeurs ne s’y sont pas trompés.

Je sais, nous savons tous quelle est ta force. C’est toujours ta force de caractère, ta combativité, face aux épreuves de la vie … et ton sens de l’humour qui l’ont emporté.

Ensemble, nous devons faire réussir la gauche. Pour faire réussir la France.

Elle  le  mérite.  Car  la  France,  c’est  ce  pays  magnifique, un  pays  de  passion, de courage, capable des  plus  grandes réussites et des  plus  beaux  exploits.  Elle a mené les premiers combats pour la liberté  ; remporté les plus  belles victoires pour l’égalité. Elle s’est battue, toujours, pour la fraternité.

La France,  c’est cette république ferme  et généreuse. Qui tend  la main  à tous.  Et qui sait aussi montrer le poing quand on la défie. La République, c’est notre plus grande conquête. Elle doit s’incarner partout. Elle doit accompagner chacun.

La France,  c’est ce pays  que  j’aime, que  nous  aimons plus  que  tout.  Je suis fier de le représenter, fier de  le servir,  et, avec  le président, le Gouvernement, la majorité,  et avec  vous,  chers  militants, fier de  le faire  avancer ! La gauche est  belle  quand elle confond son destin avec celui de la France.

Vive la gauche !

Vive la République ! Vive la France !

 

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